Dans un contexte marqué par l’insuffisance des investissements publics nationaux et le recul des financements internationaux, le débat sur la question du financement de la recherche agricole se pose avec acuité.
Le sujet était justement au centre de la quatrième édition du Forum annuel des leaders de la recherche agricole organisé par le CORAF les 3 et 4 février 2026 à Abidjan en Côte d’Ivoire.
Les travaux ont été placés sous le thème « Des financements innovants de la recherche et de l’innovation agricoles pour relever les défis de la résilience et de la souveraineté alimentaires en Afrique de l’Ouest et du Centre ».
Il a été identifié que les contraintes financières fragilisent la capacité des institutions de recherche agricole à produire des solutions innovantes, adaptées aux défis climatiques, économiques et alimentaires auxquels font face les pays de la région.
« L’enjeu n’est pas seulement de financer des projets ponctuels, mais de bâtir des institutions de recherche résilientes, capables de créer de la valeur sur le long terme », a estimé Mme Hadizatou Rosine Sori Coulibaly, Présidente de l’Assemblée générale du CORAF.
Ce Forum des leaders de la recherche agricole de l’Afrique de l’Ouest et du Centre a permis d’identifier des pistes concrètes pour l’ère post-aide publique au développement.
Vers une feuille de route régionale
Au rang des orientations stratégiques figurent : le renforcement des partenariats public-privé, la valorisation de la propriété intellectuelle, la mise en place de fonds compétitifs régionaux, et la mobilisation accrue des acteurs des filières agricoles.
« Une feuille de route régionale est attendue pour renforcer la mobilisation des financements en faveur de la recherche agricole en Afrique de l’Ouest et du Centre », a rassuré Dr Khalifa Traoré, Président du Conseil d’Administration du CORAF.
Les échanges ont également permis d’analyser des modèles de financement agricole de certains pays de la sous-région à l’image du modèles ivoirien du Fonds Interprofessionnel pour la Recherche et le Conseil Agricole (FIRCA), l’expérience de la Nouvelle-Zélande, les mécanismes d’accès au financement climatique via l’accréditation au Fonds vert pour le climat, ainsi que le modèle « Agriconnect » de la Banque mondiale.
Par ailleurs, des études de cas nationales au Burkina Faso, au Nigeria et au Sénégal ont illustré des approches adaptées aux contextes locaux.
Enfin, les partenariats public-privé d’Afrique de l’Est, portés par l’AFSTA, le KARLO et Quality Basic Seeds, ont également démontré le potentiel du capital privé en termes de soutien durable à la recherche agricole dans la sous-région.
David S.
