Jeunes Volontaires pour l’Environnement (JVE) a présenté les résultats d’une étude de référence nationale sur la consommation des aliments ultra-transformés (AUT) chez les jeunes au Togo, le 6 octobre à l’Université de Lomé, au cours d’un atelier de validation des résultats.
L’étude a porté sur 200 jeunes âgés de 18 à 35 ans, répartis dans les différentes régions du Togo. Elle a combiné une approche quantitative et qualitative, avec des entretiens auprès d’informateurs clés et des focus groups afin de mieux comprendre les habitudes, perceptions et facteurs qui influencent les choix alimentaires des jeunes.
Les résultats ont été présentés autour de huit grands axes à savoir les données sociodémographiques des jeunes enquêtés ; l’accessibilité des aliments ultra-transformés ; les facteurs motivant le choix des AUT ; l’exposition des jeunes aux publicités sur les AUT ; les facteurs qui freinent la consommation des produits locaux ; la perception des jeunes sur le lien entre la consommation des AUT et les risques de maladies ; la cartographie du pouvoir et des acteurs influençant l’environnement alimentaire et les recommandations pour une meilleure action collective.
L’étude met en évidence la place de plus en plus importante des aliments ultra-transformés dans l’environnement alimentaire des jeunes Togolais. Si les produits locaux conservent une place importante dans les habitudes alimentaires, l’attrait croissant pour les AUT témoigne d’une transformation rapide des modes de consommation.
En détail
L’étude révèle que 55 % des jeunes enquêtés s’approvisionnent régulièrement en aliments ultra-transformés dans les marchés, tandis que 35 % les achètent dans les points de vente en bordure de rue et les kiosques.
Le choix de ces produits est principalement motivé par leur rapidité de préparation, citée par 40 % des enquêtés, ainsi que par leur goût jugé particulièrement attractif, cité par 35 %.

Ces résultats montrent que le changement des habitudes alimentaires ne repose pas uniquement sur les préférences individuelles. Il est également lié à la transformation de l’environnement alimentaire, marqué par une disponibilité croissante de produits faciles d’accès, rapides à consommer et fortement promus.
Les réseaux sociaux, nouveaux leviers d’influence alimentaire
L’étude met également en évidence le rôle croissant des médias et des réseaux sociaux dans les choix alimentaires des jeunes.
TikTok arrive en tête, cité par plus de 60 % des enquêtés comme l’un des principaux canaux à travers lesquels ils sont exposés aux contenus et publicités liés aux aliments ultra-transformés.
Cette forte exposition soulève la nécessité de repenser les stratégies d’information et de sensibilisation des jeunes, en investissant davantage les espaces numériques qu’ils fréquentent quotidiennement.
Pourquoi les jeunes consomment ils moins de produits locaux ?
L’étude a également cherché à comprendre les obstacles qui limitent la consommation des produits locaux.
Parmi les principales contraintes évoquées figurent le coût, le temps de préparation, les difficultés d’accès ainsi que la perte d’authenticité de certains produits locaux.
Ces éléments constituent des défis importants pour la promotion de la consommation locale et soulignent la nécessité de renforcer les chaînes de valeur locales, d’améliorer l’accessibilité des produits et d’accompagner les producteurs et transformateurs afin de proposer une offre locale plus accessible, attractive et adaptée aux modes de vie actuels des jeunes.
Rappelons que cette étude des JVE s’inscrit dans le cadre de ses actions en faveur de la souveraineté alimentaire, de la protection de la biodiversité et de la lutte contre la dégradation des sols,
Avec JVE
