Les pratiques climato-intelligentes peuvent améliorer la sécurité alimentaire, mais leur adoption reste limitée et leur influence « mal comprise » en Afrique, selon une étude allemande.
Certaines pratiques climato-intelligentes peuvent améliorer la sécurité alimentaire, mais leur adoption reste limitée et leurs effets à grande échelle incertains, selon une étude publiée par l’Institut Leibniz de développement agricole dans les économies en transition (IAMO). Menée auprès de 287 exploitations agricoles au Sénégal, en Égypte et au Maroc, la recherche examine l’impact de huit pratiques visant à adapter les systèmes agricoles aux aléas climatiques. Les résultats indiquent une amélioration mesurable de la sécurité alimentaire pour certains agriculteurs ayant adopté ces méthodes.
L’un des enseignements de l’étude est l’existence d’un seuil d’efficacité. Les chercheurs ont constaté que l’adoption isolée de quelques pratiques climato-intelligentes (trois ou moins) n’entraîne pas d’amélioration significative de la sécurité alimentaire. Les bénéfices réels ne deviennent « notables » qu’à partir de l’adoption conjointe d’au moins quatre pratiques.
Pour améliorer la sécurité alimentaire, il convient de mettre en œuvre au moins quatre pratiques
Les huit pratiques évaluées portent sur l’utilisation d’informations météorologiques, le non-labour, la conservation de l’eau, la fumure organique, les semences adaptées, l’irrigation, l’élevage et l’assurance récolte. L’objectif est de mesurer comment ces pratiques influencent l’indice d’insécurité alimentaire et la sévérité de celle-ci. Les auteurs appellent ainsi à des politiques publiques plus ciblées, susceptibles de lever les obstacles à l’adoption. Ils estiment que sans un soutien accru, les bénéfices potentiels de ces pratiques resteront limités à une minorité d’exploitants.
Cependant, les chercheurs de l’IAMO soulignent que l’adoption de ces pratiques reste inégale. De nombreux agriculteurs continuent de faire face à des contraintes telles que le coût initial des investissements, le manque d’accès à l’information ou encore des incitations politiques insuffisantes. L’étude met également en garde contre une généralisation hâtive des résultats. Si les effets observés sont positifs pour les adeptes des pratiques climato-intelligentes à l’échelle des exploitations, leur transposition à des contextes plus larges dépendra de facteurs économiques, institutionnels et environnementaux spécifiques.
source: DPA


