La filière cotonnière togolaise franchit un cap décisif. Pour la première fois depuis sa création en 2009, la Nouvelle Société Cotonnière du Togo (NSCT) enregistre un rendement moyen de 995 kilogrammes de coton à l’hectare au terme de la campagne 2025-2026. Cette performance exceptionnelle traduit les effets conjugués des réformes engagées dans le secteur, de l’amélioration des intrants agricoles et de l’implication croissante des producteurs.
Comparée à la campagne précédente, cette progression est particulièrement significative. Lors de la saison 2024-2025, le rendement moyen s’établissait à 797 kg à l’hectare. L’augmentation observée, proche de 25 %, confirme l’amélioration notable de la productivité dans la filière.
La hausse du rendement s’accompagne également d’une progression de la production globale. Les estimations tablent sur 74 000 tonnes de coton-graine pour la campagne 2025-2026, contre 60 000 tonnes un an plus tôt. Cette évolution renforce la position du Togo parmi les filières cotonnières dynamiques d’Afrique de l’Ouest.
Lors d’un échange avec la presse en marge de la 18ᵉ réunion bilan du Programme régional de production intégrée du coton en Afrique (PR-PICA), le Directeur général de la NSCT, Martin Drevon, a salué une réussite collective.
« Ce résultat est le fruit d’un travail collectif : celui de nos producteurs, de nos agents de terrain et de nos équipes techniques. Il prouve que lorsque les conditions sont réunies – intrants disponibles, encadrement de qualité et producteurs mobilisés – le coton togolais peut rivaliser avec les meilleures filières du continent », a-t-il déclaré.
Cette campagne a notamment été marquée par une mobilisation importante des cotonculteurs togolais. Leur engagement s’est traduit par une meilleure application des recommandations techniques et un respect plus rigoureux du calendrier cultural.
Le président du Conseil d’administration de la Fédération nationale des groupements des producteurs de coton du Togo (FNGPC), Koussouwè Kouroufei, voit dans cette performance, une source d’encouragement pour l’ensemble des acteurs du secteur.
« Les producteurs togolais ont montré leur capacité à performer. Ce rendement record est une fierté pour toute notre organisation et nous encourage à poursuivre nos efforts pour les campagnes à venir », a-t-il affirmé.
Sur le plan technique, plusieurs facteurs expliquent cette progression. L’amélioration de la qualité des semences, la maîtrise du calendrier agricole et l’application adéquate des traitements phytosanitaires ont permis d’optimiser les rendements dans les exploitations.
« Sur le plan technique, nous avons travaillé sur tous les maillons de la chaîne : la qualité des semences, le respect du calendrier cultural et la bonne application des traitements phytosanitaires. La convergence de ces facteurs explique le saut de rendement observé lors de cette campagne », a expliqué Sitsofé Yovogan, Directeur de la production agricole à la NSCT.
Pour les responsables de la société cotonnière, ce résultat reflète une organisation plus efficace sur le terrain, fondée sur un encadrement rapproché des producteurs et un suivi régulier des parcelles.
« Le rendement à l’hectare est aujourd’hui le véritable indicateur de progrès, car il mesure l’efficacité réelle du système de production », a indiqué Yovogan Sitsofé.
Forte de cette campagne historique, la NSCT entend désormais consolider ces acquis. L’entreprise prévoit notamment de renforcer l’encadrement technique, d’améliorer continuellement la qualité des intrants et de valoriser les producteurs les plus performants.
À moyen terme, l’ambition affichée est de dépasser durablement le seuil des 1 000 kg de coton à l’hectare, un objectif qui permettra au Togo de s’imposer parmi les filières cotonnières les plus performantes du continent africain.
Dieudonné A. / La Rédaction


